burn out

BURN OUT – SECONDE VIE, NOUVEAU DÉPART

3 ans me séparent maintenant de cette épreuve qui aura littéralement bousculée ma vie,… le goût du renouveau, de l’envie, de la zénitude et d’une certaine forme de sagesse.

L’épreuve que j’ai traversée s’appelle le burn-out. Mais on pourrait l’appeler un ouragan ou un tsunami, parce que c’est comme une force de la nature qui se déchaine, que l’on ne voit pas arriver et qui peut tout dévaster.

Le blog à presque 2 ans et c’est un sujet que j’ai longtemps gardé pour moi pour enfin en parler plus ouvertement car il peut toucher n’importe qui à n’importe quel moment. C’est un sujet délicat que l’on garde dans son jardin secret parce qu’il nous rendra à jamais vulnérable. Pourquoi en parler aujourd’hui plutôt qu’à un autre moment ? Tout simplement parce que je peux voir plusieurs victoires s’enchainer et qu’aujourd’hui je me sens (presque) plus forte que jamais !

Avant tout sachez que chaque cas de burn-out est complètement différent pour chaque personne, plus ou moins violent. Ce que je raconterai par ici sera MON vécu et MES solutions, MON expérience. Je donne une importance à ces mots car vraiment chacun le vivra différemment.

 

 

LE CONSTAT DU SURMENAGE: MES SYMPTÔMES

Comme pour la plupart des gens sans doute, le burn out n’est pas arrivé soudainement dans ma vie. À l’époque j’étais commerciale dans le transport, j’avais la vie de couple dont on rêve toutes de connaître un jour, tout allait à la perfection. De manière générale je suis une personne entière qui donne énormément que se soit dans la vie pro comme perso, j’aime la satisfaction et faire de mon mieux pour ne jamais décevoir. Je travaillais beaucoup, j’avais l’impression d’avoir des responsabilités dans ce travail et que tout dépendait de moi : grave erreur.

En fait on ne voit pas ce malaise arriver, il y a des signes mais jamais de la vie on se dit qu’on en arrivera là.

Été 2015, les premiers symptômes ont eu lieu pendant nos vacances, j’avais ce poste de commerciale depuis presque 9 mois, nous partions à Ténériffe et prendre l’avion n’avait jamais été un problème pour moi. Pourtant j’ai vécue de premier vol comme un enfermement, j’étouffais et me suis sentie prisonnière, je ne contrôlais pas la situation ! Nous avons enchaînés 3 semaines de vacances dans les transports et à chaque fois je trouvais une excuse pour conduire moi, je luttais contre une angoisse de « non-contrôle ».
Au mois d’Octobre, une semaine de vacances à Majorque et même scénario, on reprend l’avion c’est l’angoisse, la panique absolue. Sur place on loue une voiture et JE dois conduire afin de maitriser la situation une fois encore. Je passe une semaine de stress total plutôt que de détente. J’ai du mal à manger normalement, je mange de moins en moins par peur, peur d’être mal ensuite lorsqu’on prendra la voiture pour se déplacer d’un bout à l’autre de l’île,… Bref je ne mange plus, je stress et forcément physiquement cela devient compliqué.

Oubliant toutes mes bonnes résolutions d’organisation, je laissais mon caractère « bosseur » prendre le dessus sur toutes le reste de ma vie, avec un véritable acharnement au travail — d’autant plus intense au fur et à mesure que la fatigue me ralentissait. J’accumulais les semaines de 50 ou 60 heures, je partais tôt le matin avec juste un café dans le ventre, je faisais des kms et des kms dans la journée enchainant rdv pro/bureau/conférence tél avec l’équipe,… oubliant ou ne prenant pas le temps de manger le midi et jusqu’à rester sur mon ordinateur tard le soir pour avancer ou terminer mes tâches en cours, qui me semblaient des montagnes.

En parallèle, je vivais ces moments de transports quotidiens comme une véritable épreuve. Je me retrouvais des heures enfermée dans cette voiture sur l’autoroute avec parfois des kms sans la moindre possibilité d’en sortir, un étouffement que j’essayais de contrôler. Cela me demandait un effort considérable à chaque fois sans avoir la moindre recharge alimentaire puisque je ne mangeais quasiment plus.

Bref tout ça je n’en avais pas vraiment conscience sur le moment même. Je sentais qu’il se passait des choses « bizarres » mais pour moi ça s’arrêtait là, c’était une période passagère rien de plus,…

Cette période là c’est l’avant dans le sens où il n’y a pas encore de prise de conscience.

Vous allez me dire « et autour de toi personne ne voyait rien venir ? » – Je ne crois pas, je ne laissais rien paraître pour justement rester « normale » au yeux de tous.

 

PRISE DE CONSCIENCE

Je crois que je n’oublierai jamais ce moment là. Veille de mes 27 ans, un week-end en famille où tout le monde est réuni pour m’aider à souffler mes bougies et ma soeur (avec qui j’ai une relation très fusionnelle) vient me voir en me demandant combien je pèse parce qu’elle avait l’impression que j’avais bien fondu.
Mon poids de forme est de 48/49 kgs, je décide donc d’aller voir ou plutôt me confirmer que « je sais j’ai du perdre 1 ou 2 kgs ».
La balance indiquera ce jour là – 6 kgs soit 42 ! Euh,… bon ok il y a un problème.
Et c’est la prise de conscience, une claque en pleine gueule clairement, je me sens assommée, que se passe t-il ???

Je ne saurai vous dire exactement ce qu’il se passe dans ma tête à ce moment là. Je me sens faible, fatiguée, plus capable de rien, plus envie de rien mais je sais que rien ne va plus et les larmes coulent pour un rien.

Le lundi c’est la reprise du travail, je ne me sens pas capable de prendre la route, je travaillerai de la maison, je trouve des excuses bidons aux clients, à ma responsable et le lendemain c’est pire « je ne veux pas aller travailler ». Je me suis sentie dans la peau d’un gamin de 5 ans qui fait une crise en refusant d’aller à l’école.
J’appelle mon médecin, je sens que j’ai besoin de repos, de souffler de dormir alors un arrêt de « quelques jours » me fera du bien,… Je ne sais pas si c’est le ton de ma voix mais mon médecin me prend en urgence et le verdict tombe : surmenage professionnel, c’est un burn-out !

Je dirai que c’est à ce moment là que le pire commence puisqu’on prend conscience de et que c’est la chute totale !

Décembre 2015, le mois le plus magique de l’année devient le cauchemar de ma vie. Je ne dors plus, je ne mange plus, je n’ai plus d’appétit, je ne ressens plus cette sensation de faim ou de gourmandise, je suis fatiguée mais ne ferme pas l’oeil et j’ai peur. Peur des trajet en voiture, du moindre déplacement, peur de manger, de trop manger, peur de dormir et justement de ne pas arriver à dormir,… Cela va durer presque 2 mois et je vous promets que ces 2 mois ont été les plus long de ma vie !

J’ai été contrôlée par la médecine du travail, j’ai demandé ce jour là à la personne qui me recevait de ne pas me donner mon poids lorsque je monterai sur la balance. Je savais pertinemment que j’avais encore perdue, je préférais faire l’autruche, ne pas savoir. En toute sincérité je pense que j’ai frôler les 38/39 kgs,… – 10 !

Puis j’ai décidé de me sauver, de donner un prix à ma vie.

J’ai suivi les même consignes données dans les avions, en cas de dépressurisation : il faut mettre son masque à oxygène avant de secourir les autres. C’est finalement se mettre en sûreté avant de pouvoir sauver les autres.

 

ET ENSUITE ?

Ensuite il y a eu un soir où je n’ai rien mangé, pas touché à mon assiette et il fallait une fois encore porter le regard et les critiques sur moi, sur « mon cas ». Je pense que cela a été une sorte de déclic car le lendemain midi je ressens une sensation assez étrange et dieu sait qu’elle m’avait manqué : la faim !

Je voyais déjà une thérapeute depuis quelques temps (initialement je voulais arrêter de fumer et faire passer quelques angoisses) mais très vite nos séances se sont orientées différemment.

Les séances se sont enchainées, je les vivais très mal, j’en sortais presque plus mal. Et puis je me suis battue, je me suis accrochée car dans la vie je n’aime pas aller mal. Très souvent on pense que tout va bien car j’ai le sourire, je ne vais pas mal bien longtemps, je suis bonne vivante et cela m’aide énormément. J’ai besoin de positif pour avancer.
Nous achetions l’appartement pendant cette période compliquée pour moi et nous avons dû vivre quelques mois chez mes parents, je pense que ça a été l’un des meilleurs « guérisseurs » pour moi, j’avais besoin d’être entourée.

Le temps est le meilleur remède à tout ça, à cette maladie. Elle nous tombe dessus et nous plonge dans un gouffre en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire mais pour en sortir ce n’est pas la même chose.

Les angoisses que j’avais s’estompaient peu à peu mais j’ai mis beaucoup de temps à effectuer de nouveau de longs trajets en voiture, l’étouffement était présent dès le moment ou je fermais la portière. L’appétit revenait peu à peu lui aussi, je suis une gourmande alors le meilleur moyen d’aller mieux c’était de manger ce que je voulais quand je voulais, pas d’horaires pas de « il n’est pas midi, ce n’est pas l’heure de manger ». Quant au sommeil, j’ai pris des micro-somnifères pendant un temps, il fallait vraiment que je dorme sereinement et surtout des nuits entières.

Je n’ai pas travaillé pendant plusieurs mois et j’ai repris le travail (6 mois après ce jour de prise de conscience) mais sincèrement c’était beaucoup trop tôt.

J’aurai tendance à dire qu’enfaite (pour moi) il y a eu 2 périodes d’après :
La première c’était ce moment de prise de conscience et mettre se fameux masque à oxygène pour me permettre de respirer et de rester en vie. Des micros-actions positives au quotidien qui me permettaient de me relever, remettre un pied devant l’autre et réapprendre à avancer.
La seconde période a eu lieu 1 an et demi après où il a fallut que j’arrête de travailler à nouveau mais cette fois pour reprendre mes esprits et m’écouter, me demander vraiment ce que je voulais faire de ma vie et ça je crois que c’est le plus important et pour le coup cela concerne absolument tout le monde de manière général : être soi-même et s’écouter !

C’est d’ailleurs à ce moment là que ce blog est né #mégafierté !

 

Un nouveau tournant dans ma vie,… 

 

 

BURN-OUT POINT FINAL

Je ne sais pas si on peut parler de point final en ce qui concerne le burn-out, c’est un évènement de notre vie qui nous tombe dessus et nous change à jamais. Je crois que toute notre vie on garde en mémoire ce moment là et on accumule les victoires de l’après avec fierté.

Néanmoins si je devais citer une période « point final » et bien elle remonterait à l’été 2018 dernier : mon voyage au Sri-Lanka.
Le meilleur et l’un des pire moment de ma vie.

J’avais peur, peur de partir si loin, de prendre l’avion et me retrouvée enfermée des heures. J’avais peur d’être éloignée de lui alors que notre couple n’allait pas bien, j’avais peur de beaucoup de chose à vrai dire. Et pourtant, je suis montée dans l’avion sans la moindre appréhension, j’ai vadrouillé pendant 2 semaines et n’ai eu aucun problème avec la nourriture inconnue. J’ai dormi comme un bébé partout où nous nous arrêtions, j’ai survécu à tous les moyens de transport possibles là-bas. J’ai même pris le bateau alors que depuis Ténériffe jamais je n’avais osé remettre les pieds sur l’un d’entre eux.  Enfaite j’ai affronté toutes mes craintes et mes peurs de manières inconscientes et détournées les transformant en moments de bonheur tellement puissants que je me suis en quelques sortes auto-guérit de tout ça.

La vie a décidé de nous séparer finalement alors que je me trouvais à l’autre bout du monde,… J’ai eu mal comme jamais et j’ai également oublié certaines craintes et peurs car cette douleur de la séparation définitive masquait absolument tout. Je pourrais presque parler de « Burn-out sentimental« . Alors finalement je sors d’un burn-out pour en vivre un autre d’une manière différente.

 

WITH LOVE

Aujourd’hui ? Je dirai que je vais bien, même très bien !!! Certes nos vies ont pris des chemins différents, certes l’appartement est en vente et côté financier ce n’est pas le bonheur absolu mais je vais bien vraiment ! Parce que je sais que ce que j’ai vécu a été violent, car je sais d’où je reviens et surtout ce que je ne veux plus jamais avoir à traverser. Je sais aussi que j’ai la meilleure famille du monde, les meilleur(e)s ami(e)s du monde, que j’ai une soeur et une meilleure amie qui valent tout l’or du monde à mes yeux et que grâce à toute cette force que j’ai eu et j’ai toujours d’ailleurs alors elle ne peut être que belle cette vie !

 

 

Alors derniers mots à vous qui avez eu le courage de lire tout ça, qui êtes ou non concernés par cette « maladie » si particulière : ayez confiance, écoutez-vous et ne laissez jamais qui que se soit décider à votre place. Si les choses arrivent ce n’est jamais par hasard. J’ai appris que la sérénité se cultive et s’entretient au jour le jour

 

Les petits bonheurs simples sont les biens les plus précieux que l’on peut avoir dans sa vie

 

new life

2 Commentaires

  • GIACOMAZZO 18 mars 2019 à 22 h 19 min

    Une beauté comme toi cet article ma puce…
    Merci …
    ❤️❤️❤️

    Répondre
    • MaRayon 20 mars 2019 à 16 h 07 min

      Tu sais déjà tout <3 !

      Répondre

Laisser un Commentaire